VINGT MILLIARDS D'EUROS
Ainsi donc, il suffit de vingt milliards d'euros pour que la France fasse l'impasse sur les sujets qui fâchent à Pékin. Vingt milliards d'euros: encore une escadrille d'Airbus et des centrales nucléaires siglées Areva comme cerise sur le gâteau dans l'escarcelle de l'escouade des chefs d'entreprises en vadrouille chinoise, les délocalisations de fabrication en plus.
Vingt milliards d'euros: le prix du silence public du président de la République et de sa suite à propos de l'injustice faite au peuple tibétain, du déni de son altérité, de son droit à décider lui-même de son avenir et de son présent. Bel exercice de "bravitude" diplomatique et de double langage d'un pays qui se revendique comme celui des droits de l'homme, de leur respect et de leur défense dans le monde
- dans les limites étroites de ses intérêts immédiats et à courte vue. Le geste a le mérite de la clarté, sinon de l'honneur: ainsi va la ronde du temps, les hommes passent, leurs promesses aussi, l'infâmie reste.
C.B.L.



