Une cour d'appel confirme la peine de dix ans de prison à l'encontre du journaliste Shi Tao

Le juge Yang Xueshing de la Cour suprême populaire du Hunan (sud du pays) a confirmé en appel, le 2 juin 2005, la peine de dix ans de prison infligée à Shi Tao pour « divulgation illégale de secrets d'Etat à l'étranger ». La justice n'a montré aucune clémence à l'encontre du journaliste qui a pourtant reconnu avoir posté des textes sur Internet mais sans aucune intention de mettre en danger la sécurité de l'Etat.
Reporters sans frontières est atterrée par le manque d'indépendance de la justice chinoise, même au niveau d'une Cour suprême, qui ne fait qu'appliquer les ordres de la police politique. L'organisation demande aux gouvernements européens, dont certains ont placé le cas de Shi Tao dans leurs listes de prisonniers d'opinion chinois, de demander avec une plus grande insistance la libération de ce journaliste.
La Cour suprême populaire du Hunan n'a pas voulu entendre les arguments de la défense qui affirmait que le document mis en ligne par Shi Tao n'était pas un secret d'Etat. L'avocat du journaliste a insisté sur le fait que l'action de son client n'avait en rien mis en danger la sécurité de la Chine populaire. Le juge est resté indifférent au fait que Shi Tao avait reconnu avoir posté sur Internet le document en question.
De son côté, le procureur a insisté sur le danger que Shi Tao a fait courir à la sécurité du pays, pour une « rémunération ». L'accusation a répété que l'envoi de documents à l'étranger par Internet était un crime passible d'une peine de prison.
Shi Tao est actuellement détenu à la prison de Changsha dans le Hunan. Il avait été condamné en première instance, le 30 avril, à dix ans de prison, par la Cour populaire intermédiaire de Changsha. Une peine de deux ans de privation de ses droits civils et politiques lui a également été infligée.
Le journaliste Shi Tao, 37 ans, du quotidien Dangdai Shang Bao (Les Nouvelles du commerce contemporain) publié dans cette province du Hunan, a été reconnu coupable d'avoir transmis une note interne adressée à son journal par les autorités qui mettait en garde les journalistes contre les dangers d'une déstabilisation sociale et les risques liés au retour de certains dissidents à l'occasion du quinzième anniversaire du massacre de la place Tiananmen.