Six mois de détention au secret pour Ching Cheong

Ching Cheong, journaliste de Hong Kong injustement inculpé d’espionnage au profit de Taïwan, va entamer, le 22 octobre 2005, son septième mois de détention en Chine populaire.
Reporters sans frontières est indignée par la détention au secret de Ching Cheong, que les autorités chinoises tentent de justifier en lançant des campagnes de calomnie contre lui et sa famille. « Les gouvernements de Hong Kong et de Singapour doivent se mobiliser pour faire entendre raison à Pékin dans l’affaire Ching Cheong. La mobilisation de tous doit se poursuivre », a affirmé l’organisation qui réitère sa demande de libération.

Plus de 15 000 personnes ont déjà signé une pétition internationale lancée par Reporters sans frontières et la Hong Kong Journalists Association en faveur de Ching Cheong.

Six mois après son interpellation, le journaliste est détenu au secret dans des locaux de la Sécurité d’Etat à Pékin. Les autorités lui ont refusé toute visite, notamment de son employeur, le quotidien singapourien Straits Times. Son épouse, Mary Lau, a été invitée à Pékin, mais de peur d’être également arrêtée, elle a renoncé.

Correspondant du Straits Times à Hong Kong, Ching Cheong, âgé de 55 ans, a été appréhendé par la police politique le 22 avril 2005 alors qu’il se rendait à Canton (Sud). Selon plusieurs sources, il tentait de récupérer des documents concernant l’ancien dirigeant du parti communiste chinois Zhao Ziyang, décédé en janvier 2005.

Le 31 mai, le ministère chinois des Affaires étrangères a annoncé que Ching Cheong avait avoué être un « espion à la solde d’agences étrangères ». Le 5 août, le journaliste a été inculpé d’espionnage au profit de Taïwan. Il risque la prison à vie pour avoir « mis en danger la sécurité nationale ». Le 17 août, la Sécurité d’Etat a refusé qu’un avocat le défende.

Mary Lau a démenti les accusations portées contre son mari, en affirmant qu’il a toujours vécu modestement. Il n’a jamais reçu d’argent de Taïwan, et il était animé par l’envie d’informer, et non pas de nuire à la Chine populaire.

Reporters sans frontières condamne fermement les campagnes de calomnie contre Ching Cheong relayées par des publications de Hong Kong favorables au gouvernement de Pékin. Ainsi, une journaliste de Shenzhen a été accusée d’être la complice et la maîtresse de Ching Cheong. Ce qu’elle a immédiatement démenti lors d’une conférence de presse à Hong Kong.