Adieu Francois
Soltanto oggi abbiamo appreso della morte dell'amico Francois Bruxeille,Presidente di “Tibet Destination Rangzen”.
Strenuo difensore del diritto all'autodeterminazione del Popolo Tibetano ha lottato con ogni mezzo per restituire al paese delle nevi l'indipendenza perduta.
Da tempo afflitto da una grave malattia si è spento lunedì scorso, nella sua casa nel sud della Francia, assistito dalla moglie Francoise e da Palden Gyatso.
Il suo corpo verrà cremato martedi prossimo.
La Campagna di Solidarietà con il Popolo Tibetano esprime le più sentite condoglianze ai suoi famigliari.
Per ricordarlo vi riproponiamo il testo integrale del suo intervento al I° Forum Internazionale per la libertà del Tibet Torino 26/5/2007
Frères et soeurs tibétains, compagnons et compagnes de la cause tibétaine,
Qu’il me soit permis, au nom de l’association du Sud de la France TIBET DESTINATION RANGZEN au nom de qui je parle, de dire et de souligner combien aujourd’hui est un jour important et précieux pour nous. Ce FORUM parce qu’il rassemble des personnalités tibétaines de sensibilité Rangzen parmi les plus représentatives, venues de tous les coins du monde, est pour nous le couronnement à la fois d’efforts et de souhaits. C’est pour nous une espérance enfin récompensée même si elle est pour l’heure minoritaire. Nous représentons un petit de groupe de personnes très motivées qui, depuis de nombreuses années, dans la région de Marseille, sont convaincues qu’il est vital pour le peuple tibétain qu’à côté de la ligne politique officielle du GTE (Gouvernement Tibétain en Exil) émerge un mouvement et un projet alternatif Rangzen.
Les temps ont mûri et la cause Rangzen semble sortir enfin des limbes.
Mais le constat est là : ce n’est et ce ne sera ni simple ni facile. Il nous faudra intrépidité, lucidité, réflexion et patience.
Car si la légitimité du combat Rangzen est indiscutable, s’appuyant sur le principe du droit inaliénable des peuples à disposer d’eux-mêmes, sa légitimité politique est, elle, confrontée au monde tel qu’il est, où seul vaut vraiment le droit du plus puissant, renforcé, qui plus est, par la complicité objective de la communauté internationale. Cette légitimité-là dont il nous faut démontrer la pertinence et la faisabilité reste aujourd’hui peu audible et pas très intelligible dans les médias, dans l’opinion publique et même au sein des associations protibétaines.
C’est d’ailleurs là l’un des principaux défis que devons relever.
La voie politique empruntée par Sa Sainteté le Dalaï-Lama est autant de nature spirituelle que politique au sens classique du terme. Elle repose à la fois sur un constat du rapport de forces extrêmement défavorable avec l’Etat chinois et sur le principe, cher à Sa Sainteté, du bénéfice mutuel pour deux peuples. Nous savons tous que cette voie officielle reçoit l’adhésion implicite de beaucoup de Tibétains sur la base de l’inébranlable confiance que ceux-ci portent au guide de la nation. C’est pourquoi il est probablement inutile de rappeler que le Dalaï-Lama demeure, quoi que nous pensions et fassions, le grand chêne à l’ombre duquel tous les partisans du Tibet peuvent agir avec quelque chance d’être entendus.
Notre tâche, en soutenant Rangzen, est donc déjà de faire preuve de pédagogie et de mettre en avant le principe de non-antagonisme. Il s’agit en effet d’expliquer que les 2 options tibétaines ont chacune leur cohérence et leur légitimité et qu’elles ne sont pas et ne doivent pas être conflictuelles l’une vis-à-vis de l’autre..
Il s’agit d’exposer clairement et sans agressivité que la différence repose fondamentalement sur l’appréciation des intentions réelles et de la stratégie du régime de Pékin.
A TIBET DESTINATION RANGZEN la conclusion est simple : nous ne nourrissons aucune
illusion vis-à-vis du régime chinois actuel, dur, impitoyable et manoeuvrier.
La voie officielle actuelle, consistant à avancer à petits pas, lors de rencontres confidentielles entre petites délégations sino-tibétaines, est une voie pragmatique qui a l’avantage de briser le mur du silence antérieur côté chinois et de nourrir l’espoir des gestes significatifs. Cette voie est officiellement soutenue, bien qu’avec beaucoup de passivité, par les diplomaties occidentales qui sont ravies de voir la question tibétaine rangée au rayon des affaires intérieures chinoises.
Mais c’est une voie risquée car dépendant du seul bon vouloir des autocrates de Pékin, qui, parallèlement, ne cesse de dénigrer le Dalaï-Lama lors du moindre déplacement à l’étranger.
La voie Rangzen, elle, en est aujourd’hui, convenons-en, à ses balbutiements. Nous disons bien l’expression politique d’un Projet Rangzen et non la cause Rangzen.
Car la cause Rangzen est portée, depuis les débuts de l’invasion de leur pays, par le sacrifice héroïque des combattants armés ou non armés qui, jusqu’à nos jours, ont tenu l’oriflamme du Tibet souverain.
La voie politique Rangzen est donc encore marquée par ses propres faiblesses qui sont notamment la non-formalisation d’un Projet et la non-unification actuelle de ses composantes.
Mais Rangzen nous paraît être la voie de l’avenir car Rangzen s’inscrit dans une autre échelle de temps que celui de l’actualité politique immédiate dont sont friands les médias.
Si je devais définir Rangzen par une métaphore je dirais que c’est la nécessaire roue de secours qui permettra de voyager loin dans le temps.
Car la force et la cohérence de Rangzen c’est d’anticiper le fait que le Dalaï-Lama ne fera pas toujours partie du monde des vivants et que par conséquent lorsque le soleil des Tibétains s’en ira momentanément, dans les ténèbres de sa disparition, il faudra une nouvelle lanterne.
Une lanterne, moins majestueuse, mais adaptée aux temps difficiles.
Voilà un message que nous devons faire passer avec tout le tact nécessaire pour montrer la pertinence de l’objectif de Rangzen qui allie le droit, la justice et la vérité.
A ce sujet il nous semble qu’il y a tout un travail, long et ardu, à engager pour faire relayer l’argumentaire Rangzen par certains élus du peuple de nos Etats démocratiques et notamment creuser cette question du divorce entre le droit international pur, si l’on peut s’exprimer ainsi, et l’usage diplomatique international qui fait que les Etats, en se reconnaissant mutuellement, en certaines occasions officialisent le viol du droit comme lors d’annexions territoriales. Cas qui concerne au premier chef le Tibet.
Il faut sans doute aussi, dans la mesure de notre possible, encourager les commissions d’historiens mixtes afin de porter le fer contre la propagande chinoise et montrer le côté ubuesque de la notion de “mère-patrie”.
Par ailleurs nous espérons que ce lieu d’échanges où nous sommes réunis permettra, outre les propositions constructives que nous devons dégager, de procéder à des échanges sur la spécificité des modalités de notre combat tant il est vrai qu’il peut y avoir des situations diverses et contrastées d’un pays à l’autre.
Le FORUM de TURIN, qui d’une certaine manière est une première, nous apporte l’inestimable cadeau de nous permettre de nous connaître, de nous écouter mutuellement et de nous donner un tremplin pour une coopération future.
Dans notre association nous attachons beaucoup d’importance à l’état d’esprit avec lequel nous agissons.
Durant toute la préparation l’esprit fut bon et je ne doute pas qu’il le sera encore plus aujourd’hui.
Nous avons préparé avec nos amis italiens, à la mesure de nos forces, ce FORUM. Nous remercions tout particulièrement et chaleureusement l’ami Claudio TECCHIO sans qui rien n’aurait été possible ainsi que tous ses partenaires particuliers ou institutions qui ont permis la tenue de cette manifestation.
TIBET DESTINATION RANGZEN, pour terminer rappelle solennellement à ses frères et soeurs tibétains qu’il ne peut tirer sa légitimité politique que d’un mouvement Rangzen qu’il souhaite voir structuré et unitaire.
Sans un mouvement Rangzen nous prêcherions dans un désert.
Frères et soeurs Rangzen, soyez unis, intrépides et audacieux!
TDR se mettra toujours sous la protection bienveillante du vénérable et glorieux PALDEN GYATSO, qui est le rappel vivant de l’héroïsme du peuple tibétain depuis cinq décennies.
Vive le TIBET indépendant!
François Bruxeille
(Tibet Destination Rangzen)



